Où en est-on avec l’accord de paris ?

L’objectif de l’Accord de Paris signé en décembre 2015 était de réunir différents Etats face aux enjeux que représentent les changements climatiques dans le monde. Ledit accord qui a réuni ces nations avait pour but de limiter le réchauffement climatique de la terre « à une température bien inférieure à 2°C au-dessus des niveaux préindustriels et à poursuivre les efforts pour limiter l’augmentation de la température à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels, reconnaissant que cela réduirait de manière significative les risques et les impacts du changement climatique ».

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L’objectif de l’Accord de Paris : des chercheurs restent sceptiques

Le but idéal de l’Accord de Paris sur la situation climatique ambitionnant de limiter le réchauffement à 1,5°C a été jugé inatteignable. À ce jour, toutefois, les résultats de certains scientifiques laissent entrevoir une lueur d’espoir. En effet, selon leurs recherches l’objectif de l’Accord de Paris peut aboutir si et seulement si tous les Etats agissent ensemble et d’un commun accord afin de profiter des occasions que présente le moment. Mais des recherches récentes suggèrent qu’il pourrait être atteint pour autant que nous agissions de toute urgence pour saisir ce moment charnière d’espoir et d’opportunité.

Malgré le seuil fixé à 1,5°C qui a été vu comme un objectif atteignable et réalisable, plusieurs chercheurs sont restés sceptiques et ont fait part de leurs soupçons quant à sa faisabilité. Ceci en réalisant une étude dont les conclusions indiquaient que cette ambition de réduire le réchauffement climatique n’avait qu’un pour cent de chance d’atteindre l’objectif que se sont fixés les Etats. Michael Grubb, économiste climatologue à l’University College de Londres en fait partie. Avant de retourner sa veste, le professeur avait affirmé en 2015 dans la revue Nature Geoscience « que l’ampleur et la rapidité des réductions de carbone nécessaires pour atteindre l’objectif de 1,5°C étaient incompatibles avec la démocratie ». D’autres chercheurs également ont expliqué que selon eux, même le seuil de 2°C était utopique et donc pas réalisable.

Une autre étude redonne de l’espoir sur l’atteinte de l’objectif de l’Accord de Paris

Néanmoins, ces évaluations et approximations inquiétantes qui ont suscité inéluctablement une vague de résignation et de désespoir, ont visiblement été précoces. En effet, une nouvelle étude sur la modélisation révisée des données climatiques, restituée par le GIEC dans son cinquième rapport d’évaluation, fait état, pour sa part, de ce que le seuil fixé par les Etats à 1,5°C ne saurait être une incongruité géophysique. Cela reste réalisable si les nations réussissent à dépasser les réductions d’émissions qu’elles s’étaient données au début soit en 2015. L’analyse de ces chercheurs qui se sont basés sur des informations plus actuelles, indique que le total des émissions de carbone qui touche le 1,5°C est plus considérable que ce qui était prévu initialement.

Dans un article publié dans la revue Carbon Brief, le chercheur Richard Millar, de l’Université d’Oxford au Royaume-Uni indique que « nos estimations suggèrent que nous aurions un bilan carbone restant équivalant à environ 20 ans aux taux d’émissions actuels pour une probabilité de 2 sur 3 de limiter le réchauffement de la fin du siècle à moins de 1,5°C ». Son collègue de la même université, le professeur Myles Allenn également membre de l’équipe à l’origine de cette nouvelle analyse qui a redonné de l’espoir au monde entier, a confié que son équipe et lui ont fait appel à différents procédés, lesquels ont permis de réaliser cette nouvelle évaluation du bilan carbone requis et de l’actualisation des mesures des émissions et du réchauffement qui sont déjà connus.

Diminution des émissions de carbone : un progrès considérable

« Beaucoup de gens ont dit que l’objectif de 1.5°C n’est tout simplement pas possible », s’est exprimé le professeur Allen au quotidien The Guardian. Toutefois, cette nouvelle étude a démontré que les pays signataires de l’Accord de Paris ont une grande chance, estimée à 66% d’atteindre l’objectif de 1,5°C en 2100. Réalisable si les Etats se limitent à la somme actuelle de leur production de gaz à effet de serre qui est estimée à environ 240 milliards de tonnes de carbone.

Cela constitue un indicateur pour que la limite plafonnée à 1,5°C reste atteignable et que les Etats ont encore une marge de manoeuvre pour diminuer de façon drastique les émissions de carbone. D’ailleurs, cette étude a également démontré que dans certains pays tels que la Chine, les émissions de carbone ont arrêté d’augmenter et que les prix des énergies renouvelables ont considérablement baissés. Ce qui constitue « une révolution énergétique ». Selon les chercheurs, le monde a encore 20 années supplémentaires. La diminution momentanée n’induit pas que le défi de la lutte contre le changement climatique sera plus aisé.

Des mesures encore difficiles à appliquer

Pour réaliser ce que les chercheurs ont peaufiné d’ici à 2020, il est un besoin crucial d’instaurer des règles. Celles-ci, établies, vont permettre de calibrer et estimer les promesses des Etats à diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre. Si l’objectif de l’Accord de Paris pour préserver l’environnement peut aussi tarder à se réaliser, cela est non seulement dû à l’absence de normes mais également à des questions financières.

L’épineuse question de l’argent : un frein pour l’objectif de l’Accord de Paris

L’une des clauses de l’Accord de Paris sur le climat était que les pays du Nord dits industrialisés financent en majorité les politiques sur le climat des pays plus pauvres. C’était une des promesses faites par les grandes nations. La réunion de la Convention-cadre de l’Organisation des Nations Unies (Onu) qui devait constituer un début dans la recherche des solutions allant dans ce sens a accouché d’une souris. Après onze jours de négociations, les pays du Sud en sont sortis déçus. D’après leur représentant, l’Ethiopien Gebru Jember Endalew, il y aurait comme une absence de sentiment d’urgence chez les pays du Nord alors que les conséquences du changement climatique sont déjà visibles dans les pays pauvres. Le noeud du problème est l’argent surtout depuis le retrait des USA de l’Accord de Paris décidé par Donald Trump .

Les pays industrialisés qui produisent le plus des gaz à effet de serre avaient promis d’apporter d’ici à 2020, 100 milliards de dollars annuellement aux Etats les plus pauvres afin que ceux-ci puissent élaborer des politiques publiques internes qui tiennent compte des changements climatiques et de réduire leurs émissions de CO2. Or, la réalité en est tout autre, car la somme totale revélée par les bailleurs n’est que de 48 milliards de dollars par an. Un frein qui se voit rajouter à celui des conséquences du retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris. Concrètement cela se manifeste par l’arrêt de certaines aides climat qu’octroyait l’un des plus grands pollueurs au monde.

Implication de la France dans la ratification de l’Accord de Paris

En tant que pays accueillant la ratification de cet accord, la France a tout intérêt à montrer l’exemple concernant les mesures engagées à l’échelle nationale. De nombreux acteurs gouvernementaux ont mis en place des solutions pour aider les industriels et les français en général afin qu’ils puissent prendre part à la tentative de containement du réchauffement climatique. Par exemple, l’Ademe accompagne les acteurs du monde agricole avec l’installation de stations de méthanisation pour valoriser les déchets organiques, soutenu par le ministère de la transition écologique et solidaire.

A travers ce site, vous pourrez également vous renseigner sur les actions menées par la Communauté Européenne de l’Energie.