Cop 24 : 24e conférence internationale sur les changements climatiques

La Pologne est le pays hôte de la COP 24. Cette annonce a été faite le 1er juin 2017 par les autorités polonaises. Le choix de la Pologne par le groupe des Etats d’Europe de l’Est est l’aboutissement d’une rotation effective, car après l’ère des pays d’Asie et du Pacifique, le choix de l’organisation de la COP 24 s’est porté sur les pays à l’Est du vieux continent. Plusieurs villes étaient en compétition pour l’accueil de ce sommet.

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La Pologne à l’honneur

Un rendez-vous acclamé

C’est lors de la visite de Patricia Espinosa, secrétaire exécutive de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques dans le pays, que le ministre Jan Szysko fait l’annonce officielle du choix de la ville de Katowice. Cette annonce a d’ailleurs été approuvée par Mme Espinosa, saluant sa future collaboration avec le gouvernement pour faire de la COP 24 une grande réussite. Selon elle, la COP 24 devrait permettre de trouver un consensus pour la mise en oeuvre de l’accord de Paris, de faire un état global des avancées en lien avec les objectifs fixés et prendre des mesures correctives pour satisfaire aux exigences des années futures. Afin d’affirmer son engagement pour une bonne coopération, la secrétaire exécutive a aussi effectué une visite à Toru?, localité abritant le site du centre de recherche qui travaille pour la préservation des forêts polonaises.

Une importance mitigée

Il s’agit de la 24e conférence des parties à la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Elle est une plateforme de discussion des autorités de chacun des Etats membres à l’accord sur le climat. Ce pays n’est pas à sa première organisation d’un tel événement. La ville de Pozna? a abrité en 2008 la COP 14. Ensuite, 5 années plus tard, la ville de Varsovie accueillait la COP 19. Cette représentation au sein du mouvement COP tire d’ailleurs ses origines depuis les années 1999 qui ont vu la Pologne présider la COP 5 organisée à Bonn en Allemagne. Mais cette longue tradition de la Pologne au sein du mouvement laisse perplexe car la production d’énergie de la Pologne dépend en grande partie du charbon. Néanmoins, par cette rencontre la Pologne voudrait démontrer de manière consensuelle que les objectifs fixés sont atteignables.

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La dynamique enclenchée se poursuit à la COP 24 à KATOWICE

Des engagements forts

La COP 24 de 2018 tenue à Katowice, région au sud de la Pologne, devait être le prochain maillon de cette grande initiative en faveur du climat après les conférences des parties à la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques tenues en 2015 à Paris (COP 21) et en 2016 à Marrakech au Maroc (COP 22). L’accord de Paris est le tout premier traité international non contraignant sur le climat. La réunion de Marrakech quant à elle porte aussi l’acronyme de CMA1.1 (COP serving as Meeting of the parties to the Paris Agreement) car elle est la première conférence des parties membres à l’accord de Paris. En effet, si la COP 21 a établi les clauses de l’accord sur la réduction des gaz à effet de serre, la COP 22 quant à elle devait préciser le fonctionnement des mécanismes prévus par le texte élaboré en 2015 en France, selon le calendrier des contributions nationales prévu à l’article 4 de l’accord : le mécanisme de réductions des émissions prévu à l’article 6, le renforcement des capacités prévu à l’article 11, le mécanisme de transparence par lequel les pays industrialisés doivent publier tous les deux ans les aides qu’ils accordent aux pays en développement prévu à l’article 13, enfin les procédures de contrôle permettant de s’assurer que les parties respectent bel et bien l’accord prévu à l’article 15.

À l’heure des chiffres

La COP 23 organisée par les Iles Fiji mais tenue à Bonn en Allemagne en 2017 était la seconde conférence des parties membres à l’accord de Paris (CMA1.2). Ce sommet représente la première pierre de l’édifice qui devait prendre corps à la COP 24 en Pologne. En effet, les parties ont discuté des éléments d’atténuation, d’adaptation, du système de transparence, ainsi que des différents mécanismes en vue d’une finalisation de l’accord de Paris dès 2018 lors de la COP 24 sur le climat. La mise en place d’un processus de dialogue dénommé « Talanoa Dialogue » a été arrêtée. Ce dialogue devrait effectivement se tenir lors de la COP 24 visant à faire le bilan sur les actions climatiques des entreprises. Des questions d’ordre opérationnel ont aussi été abordées telles que la mise en oeuvre d’un plan d’action sur le genre, l’implémentation de la plateforme pour les communautés locales et les populations autochtones, ainsi que le rôle de l’agriculture dans la démarche. Les problèmes liés au financement ont aussi fait l’objet de concertations. Ainsi, sous l’initiative des pays en développement, il a été statué que le Fond d’adaptation ne sera effectif qu’après la prise de certaines décisions jugées sensibles. Ces décisions devraient finalement être prises pendant la COP 24 en 2018. Enfin, la COP 23 a été marquée par l’engagement de 25 États de réduire de manière significative l’utilisation du charbon pour passer à l’ère des énergies vertes.

Parmi les sujets à l’ordre de la prochaine COP 24 en Pologne, la négociation d’un plan d’action pour une transition juste. Ce plan d’action dénommé « plan de Katowice » permettra de collecter des informations sur le soutien des populations en transition, d’élaborer une vision commune pour les politiques climatiques des États, l’intégration de valeur et référence de transition juste, et enfin d’encourager les agents à capacité de financement à oeuvrer pour les projets porteurs d’emplois dans les pays en transition.

La COP 24 : un déroulement mitigé

C’est au terme de treize jours de négociations intenses que les 197 États membres de la convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique ont débouché sur une entente concernant les règles d’application de l’accord de Paris. Le président de la COP 24 Michal Kurtyka, secrétaire d’Etat au ministère polonais de l’Environnement, félicite d’ailleurs l’assemblée d’avoir trouvé un consensus commun ayant permis la prise de décisions inéluctables pour la bonne marche de cette dynamique. Cette démarche consensuelle qui a duré environ trois ans, a abouti à un document d’une grande technicité de plus de cent pages dressé par plusieurs experts internationaux.

La recherche d’un compris entre toutes les parties a pris certes du temps rallongeant la durée officielle du sommet, mais a néanmoins manifestement permis d’arriver à un dénouement positif. D’autant plus que selon le Groupe d’experts inter-gouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), il y a urgence car plusieurs îles et villes côtières sont menacées de destruction par la montée des eaux si rien n’est fait.

Bien que les résultats soient encourageants, certains pays ont émis quelque résistance. Ainsi, les débats ont vu se dresser de multiples interventions. En effet, les pays les plus vulnérables aux conséquences du réchauffement climatique demandent que soient mis à la disposition plus de moyens financiers pour maintenir leur survie. De l’autre côté, les pays exploitants d’énergies fossiles sollicitent plus de flexibilité et de progressivité sur les procédés de mise en oeuvre.

Le Brésil et la Turquie au taquet

Le plus grand pays d’Amérique du Sud a fait des contestations au dernier tournant des pourparlers. Le Brésil a même réussi à différer la prise de décisions sur l’application de l’article 6 pour la prochaine COP 25 qui sera organisée par le Chili. Pour rappel, l’article 6 de l’accord de Paris concerne le mécanisme de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Précisément, ce mécanisme devrait statuer sur les modalités d’échange des quotas d’émission de CO2 entre les pays engagés dans l’accord. La Turquie a aussi essayé de paralyser les discussions essayant d’obtenir une de ses plus anciennes doléances qui est de passer du statut de pays donneur de financements à celui de pays receveur de financements.

Pour en savoir plus sur la COP 24, rendez-vous sur article de Midi Libre.