Retour sur les objectifs de l’accord de Paris

La question du changement climatique trouve ses racines premières dans la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques en 1992 lors du sommet de Rio. Il s’agissait alors d’une première tentative qu’entreprenaient les Nations Unies pour saisir le concept de changements climatiques afin d’en proposer des solutions pour les limiter. C’est durant la COP21, conférence de décembre 2015 sur le climat, que les objectifs de l’accord de Paris ont été présentés pour la première fois. Quels sont ces objectifs visés par l’accord de Paris et en quoi se sont engagés les pays signataires ?

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Les prémices d’un accord international

C’est donc quelques années plus tard, soit en décembre 2015, que ceux qui s’étaient déjà réunis en 1992 au sommet de Rio, signent l’accord de Paris, avec un objectif commun : lutter contre le changement climatique, accélérer et intensifier les investissements nécessaires à un futur durable à faible intensité de carbone. C’est ainsi que la 21e conférence des Parties (COP21) voit le jour dans la ville de Paris en France le 12 décembre. Il entre en vigueur le 04 novembre 2016. Il a fallu près d’un an pour voir l’entrée en vigueur de l’accord car ce n’est pas moins de 55 pays (qui représentent à eux seuls 55% des émissions de gaz à effet de serre sur le plan mondial) qui l’ont ratifié. Néanmoins, la plupart des dispositions contenues dans l’accord de Paris ne seront pas examinées avant 2020.

Pour Laurent Fabius, le président de la COP21, l’accord de Paris serait un accord juste, durable, dynamique, équilibré mais juridiquement contraignant. Toujours selon lui, le texte constitue un équilibre puissant permettant à chaque délégation de rentrer chez elle forte d’acquis importants.

Mais l’accord de Paris a ceci d’exceptionnel, d’où sa qualification d’historique, qu’il a permis de rassembler la plupart des Etats voire tous les Etats autour d’un intérêt commun. L’accord de Paris est donc une mobilisation et une mise en oeuvre des forces et ressources mondiales sur la question climatique.

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Les objectifs de l’accord de Paris

L’objectif primordial de l’accord de Paris est tout d’abord celui d’affermir la réponse mondiale face au danger que représente le changement climatique, ceci en stabilisant la croissance de la température mondiale à un niveau bien inférieur à 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels. Il vise aussi à effectuer des progrès qui permettront de réduire davantage la croissance de la température à 1,5 degré Celsius. La mention de la limite de 1,5 °C était une doléance des Etats insulaires qui sont menacés de submersion par les eaux des mers.

Une réduction de l’émission de gaz à effet de serre

L’accord de Paris prévoit un pic des émissions mondiales de carbone. Dans le passé, il était question de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 à 70% voire 95% d’ici 2050 pour empêcher une situation climatique catastrophique, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Et zéro émission en 2100, au plus tard. Ce qui a été jugé trop contraignant par certains Etats. L’accord de Paris prévoit donc, dans la seconde moitié du 21e siècle, un équilibre entre les émissions d’origine anthropique et leur absorption par des océans, forêts, etc.

De même, l’accord de Paris a également pour objectif d’augmenter ou de renforcer la capacité des Etats à pouvoir bien gérer les conséquences du changement climatique sur leur territoire et de permettre à ce que les mouvements financiers correspondent à un taux réduit d’émissions de gaz à effet de serre. Aussi, il vise à promouvoir la résilience pour lutter contre les changements climatiques. Le développement durable qui est ainsi prôné ne doit pas constituer un danger dans la production des aliments.

L’accord de Paris : chaque Etat a des efforts à fournir

Les efforts personnels de chaque Etat en la matière se résument en ce qui est appelé « Contributions déterminées au niveau national » (CDN). L’accord de Paris invite donc les différents pays signataires à user de tout moyen pour présenter ces CDN qui vont constituer leur credo. Cela implique pour les pays signataires de rendre compte continuellement de leur production de gaz à effet de serre et des dispositions pour y remédier. Par la suite et à partir de comptes rendus de chaque Etat, un bilan mondial est établi chaque cinq ans dans le but d’apprécier les améliorations communes pour appliquer l’objectif majeur de l’accord de Paris et de questionner les efforts individuels des Etats. Il s’agit d’un processus de révision à la hausse. Les parties prenantes se sont engagées jusqu’en 2025. Une première évaluation des conséquences de ces contributions sera faite en 2023.

La responsabilité sur la base de l’équité

La responsabilité sur la base de l’équité est contenue dans la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques en 1992 lors du sommet de Rio. Elle indique que les responsabilités doivent certes être communes mais également être différenciées. Cela induit ainsi que les efforts demandés aux pays ayant un plus grand taux d’émission de gaz à effet de serre ne doivent pas être les mêmes de ceux qui en produisent le moins. Il en est de même entre les pays pauvres du Sud et ceux riches du Nord. Le texte mentionne d’ailleurs que « les pays développés continuent de montrer la voie en assumant des objectifs ».

Les questions de participations financières

Afin de parvenir à ces buts recherchés, un dispositif bien organisé doit être mis en place. Cela concerne notamment la mobilisation et l’affectation adaptées des fonds, un nouvel environnement technologique pour bien comprendre les questions de changement climatique, et le renforcement des potentialités des acteurs qui recherchent activement des solutions à cette crise environnementale. Ces préalables appuient par ailleurs les actions engagées par des Etats pauvres et ceux qui sont très vulnérables en droite ligne avec leurs politiques publiques internes en rapport avec l’objectif de l’accord de Paris. Lequel a prévu un environnement de transparence poussée pour l’action et le soutien.

Les textes qui régissent l’accord de Paris prévoient que les pays développés doivent apporter leur soutien financier aux pays du Sud, pauvres ou en voie de développement aussi bien sur le plan de l’acclimatation au réchauffement climatique que sur celui de la réduction de la production de gaz à effet de serre en promouvant l’utilisation des énergies renouvelables. Découvrez-en davantage sur la COP24 et les Accords de Paris à travers ce site.